LE DROIT À LA DÉCEPTION VOULU PAR L’ISLAM SUPPRIMÉ PAR LES MUSULMANS

J’ai écouté la discussion organisée par Yvonne John ; des chrétiennes et une musulmane échangeaient sur la condition des personnes sans enfant dans leur communauté religieuse respective. Haneefa Muhammed, musulmane, a confié la difficulté à partager sa douleur, le deuil de ne pas être mère avec ses sœurs musulmanes. Elle a expliqué être toujours renvoyée aux prières alors qu’elle souhaitait juste partager ce qu’elle ressentait.

Cela m’a renvoyé à ma propre histoire, pas nécessairement en tant que Fse (femme sans enfant), mais entant que personne traversant comme tout un chacun des périodes difficiles. Je me suis adressée à des amis de confessions musulmanes ou des connaissances de confessions musulmanes et très vite je me suis rendu compte de la complexité à exprimer des sentiments, une fatigue morale, spirituelle. Parce que très vite on m’invitait à écouter une histoire de prophètes pour me signifier qu’ils avaient vécu pires. On me conseillait la patience.

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PAUSE LECTURE : « SORCIERES » DE MONA CHOLLET

Ce qui m’a particulièrement interpellé dans Sorcières, la puissance invaincue des femmes ce sont les parallèles applicables à l’histoire de la femme musulmane. C’est-à-dire que l’image et le rôle attribué aujourd’hui aux musulmanes dans les discours dominants sont l’héritage d’une histoire postérieure au Prophète Mohammed. En effet, durant la période contemporaine du messager jusqu’au début de la période abbasside ( IXe siècle), la femme occupait l’espace public. Elle disparait peu à peu en faveur de la formation d’un discours politico-religieux, l’enfermant dans un rôle lié à sa constitution biologique .

Sorcières excave un passé à l’origine des idées reçues sur les femmes en particulier les femmes célibataires et les femmes sans enfant en Europe et en Amérique du Nord.

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NE PAS AVOIR D’ENFANT : UNE PUNITION DIVINE – CONSÉQUENCES D’UNE IDÉE REÇUE

Dans l’imaginaire, l’infertilité reste toujours d’origine féminine au point que dans certaines communautés il est inenvisageable que les raisons d’une difficulté à procréer proviennent de l’homme.

J’ai eu connaissance d’hommes qui ont pris une deuxième épouse pour remédier au « problème » et puis… rien. Quelquefois je me surprends à penser que c’est le sens de l’humour de Dieu. Dans certains cas une deuxième ou troisième épouse n’est pas projetée, seul le divorce est contemplé. La femme n’ayant pas rempli son rôle : elle n’a pas enfanté.

Enfanter c’est le rôle que bien nombre d’entre nous affublent aux femmes. Dès les premiers mois après un mariage la question très indiscrète arrive : « c’est pour quand », « alors il y en a un en route ? ». Le ventre est scruté, parfois même touché violant l’espace intime de la femme. Certains s’inquiètent : « toujours rien ? » Les signes de grossesses sont recherchés pour savoir si son rôle est rempli si elle va « s’accomplir » en tant que femme.

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NE PAS AVOIR D’ENFANT : UNE PUNITION DIVINE – DIFFUSION D’UNE IDÉE REÇUE

Les débats, les influences grecques, chrétiennes et juives participent à la codification de la religion musulmane. Déjà codifiés, le christianisme et le judaïsme servent en quelque sorte d’exemple ou de repère aux savants musulmans pour extraire du Coran les informations nécessaires aux suiveurs de la nouvelle croyance.

N’oublions pas que parmi les premiers musulmans se trouvent des chrétiens, des juifs ayant adhéré au message du nouveau prophète Mohammed apportant ainsi leurs connaissances et leurs techniques d’analyse théologiques.

En gardant tout ce contexte en tête, il est facile d’imaginer comment l’interprétation des textes s’imprègne d’idées et de croyances déjà répandues et acceptées dans la société médiévale du 7e et 8e siècle.

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NE PAS AVOIR D’ENFANT : UNE PUNITION DIVINE – NAISSANCE D’UNE IDÉE REÇUE

Vous l’avez surement remarqué comme moi, dans les communautés musulmanes les enfants sont considérés comme une baraka, une grâce, voire une récompense du Divin. En d’autres termes, ne pas en avoir revient à subir une punition divine.

Cette idée reçue entre en conflit avec le message du Coran. Dans celui-ci, Dieu est omnipotent, Il fait ce qu’Il veut. Des versets le rappellent régulièrement. Les versets 49 et 50 de la sourate 42 le stipulent.

Rien dans le Coran n’indique que l’absence d’enfant résulterait d’une mauvaise action ou conduite. Malgré tout, l’idée persiste. Alors d’où vient cette idée ?

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LES PERSONNES SANS ENFANT NOUS RENVOIENT À NOTRE SPIRITUALITÉ

On ne va pas se mentir, dans la plupart de nos communautés musulmanes, on discute plus de longueurs de tissu, de notre image chez les non-musulmans ou d’espace entre les bras au moment de la prosternation que de réflexions sur le doute, la colère contre Dieu, le dépit, l’envie de tout lâcher, l’incompréhension.

Et je me demande si ce n’est pas justement pour ces raisons que la mention et la présence d’hommes et de femmes sans enfant dérangent. Ces personnes par leur présence, leurs histoires renvoient à nos interrogations, à nos craintes.

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CONCEVOIR DES ENFANTS : ENJEUX IDÉOLOGIQUES ET ÉCONOMIQUES

Des théologiens, des directeurs de centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) n’ont aucun intérêt à ce que les voix des femmes sans enfant (FSE) et des hommes sans enfant (HSE) s’élèvent. Dans le premier cas, ils détruiraient les idéologies construites autour de la conception et du rôle de la femme en particulier. Dans l’autre cas, laisser entendre qu’une vie heureuse est possible sans enfant que cela soit par choix ou par circonstance mettrait en danger un business très lucratif. Et ce, en dépit de l’idée de départ d’aider des couples à concevoir; aujourd’hui les enfants sont un business.

La conception d’un enfant devient un enjeu idéologique et économique.

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LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES : STOP AUX MYTHES AUTOUR DE LA MATERNITÉ POUR SAUVER DES VIES

La stigmatisation des femmes sans enfant, la divinisation des mères, la mythification de la parentalité sont des violences faites aux femmes.

Dans le monde, 1 femme sur 2 meurt assassinée par son partenaire ou sa famille. Parmi elles, des femmes sans enfant. Elles succombent sous les coups parce qu’elles ne peuvent pas enfanter. Elles meurent parce que dans l’environnement dans lequel elles vivent une femme n’est admise que lorsqu’elle devient « mère ». Des femmes meurent dans les sociétés où elles sont seules reconnues responsables de l’infertilité du couple. Des femmes se suicident ou tentent de se suicider lorsqu’elles sont marginalisées parce qu’elles ne sont pas mères.

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QUAND…TU AURAS DES ENFANTS!

Ne faut-il pas changer ce « quand » pour un « si »… tu as des enfants ? Un « si » à la place du « quand » changerait la perspective des petites filles et leur épargnerait les souffrances liées à ce « quand ». Tous les champs des possibles seraient ouverts.

On inculque aux enfants, surtout aux petites filles, le rôle qui leur est assigné bonnes épouse et surtout, mère. Elles doivent aspirer à concevoir des enfants qu’elle le veuille ou non. Les parents, les amis des parents et tout l’entourage de la petite fille y veillent en lui répétant ce mantra qu’elle entendra tout le long de sa vie jusqu’à la fin de son cycle reproductif « quand tu auras des enfants ! »

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