La Russie de Poutine criminalise officiellement l’existence de personne sans enfant pour pallier au déclin démographique du pays. Elle interdit la diffusion sur Internet, dans les médias, les films et dans les publicités, des informations positives sur le fait de ne pas avoir d’enfant.
C’est odieux, n’est-ce pas ! À la réflexion la même chose se trouve un peu partout sur la planète, excepté qu’aucun parlement n’a voté de loi à ce sujet.
Vous en doutez ? Vous trouvez que j’exagère ? À peine et je vous explique pourquoi.
La fédération internationale pour les droits humains écrit
Le régime (de Poutine) met en avant la famille et exalte la maternité comme fondement essentiel de la politique nationale.
J’affirme qu’en dehors de la Russie, un certain type de famille est mis en avant. On exalte la maternité comme fondement essentiel de la féminité et la paternité comme fondement essentiel du masculin que certains appellent faussement la « virilité ».
Méthodes pronatalistes en vogue hors Russie
La plupart d’entre nous vivent dans des sociétés pronatalistes c’est-à-dire des sociétés qui prêchent ostensiblement et de manière vivace la procréation comme une norme, un devoir sociétal et parfois religieux.
Le pronatalisme laisse peu de places aux personnes sans enfant.
Même si l’on perçoit un léger changement grâce au militantisme de personnes sans enfant, les industries du divertissement, les publicités, les médias, les expressions linguistiques, le milieu du travail prônent la parentalité et favorisent les parents.
Au XXIe siècle, afficher ou simplement laisser entendre qu’une vie agréable, heureuse existe sans enfant n’est pas toujours sans risque dans nombre de sociétés.
Rappelez-vous, Emily Hart la voyageuse américaine qui a reçu une salve de commentaires négatifs sur les réseaux sociaux pour avoir écrit en légende d’une photo être sans enfant et heureuse.
Les personnes sans enfant par choix sont régulièrement prises à parti pour leur choix, ces hommes et en particulier ces femmes sont qualifiés d’égoïstes, d’immatures etc.
Des surnoms péjoratifs décrivent les hommes et les femmes sans enfant par choix et par circonstances dans certaines cultures, j’en ai évoqué dans ce blogue. Compliqué alors d’oser exprimer son choix de non-désir d’enfant et compliqué d’oser imaginer possible une vie sans enfant lorsqu’on en a toujours rêvé et que cela demeure impossible.
Pronatalisme version religieuse
Tout cela devient un enfer spirituel et mental lorsque des religions sont détournées pour servir ce pronatalisme.
Par exemple, l’islam n’interdit pas ou ne condamne pas la vie de personne sans enfant, mais certaines musulmanes et certains musulmans ont décidé que cela ne devait pas exister, pire que cela devait être répréhensible.
Personnes sans enfant par circonstance toujours invisibles
Le traitement de cette criminalisation de la vie sans enfant en Russie dans les médias m’interpelle parce que le sujet n’est évoqué que sous l’angle des personnes sans enfant par choix.
Or, les personnes sans enfant par circonstances de la vie sont concernées également puisqu’on leur interdit finalement tout modèle ou tout espoir de vivre heureux sans enfant.
Qu’importe les politiques de natalités, il est des facteurs qui demeureront incontrôlables : parmi les femmes et les hommes qui souhaitent des enfants, certains n’en auront pas.
Que les méthodes pronatalistes soient législatives, sociétales ou morales refuser la visibilité d’images positives de femmes et d’hommes sans enfant revient à empêcher les personnes sans enfant par circonstances de la vie d’aller de l’avant.
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