FEMME MUSULMANE SANS ENFANT

Suis-je prête ? Suis-je prête spirituellement à ne pas avoir d’enfant ? M’a-t-on préparé à l’éventualité de ne pas avoir d’enfant ?

Ce sont les questions que je me pose à la moitié du livre Beyond childlessness (au-delà de ou dépasser le manque d’enfant) de Rachel Black et Louise Scull. À l’aube de la trentaine, ce n’est pas un livre que j’aurais spontanément emprunté ni même cherché. Je suis tombée sur un témoignage dans un magazine : un homme y exprimait sa culpabilité après sa rencontre avec son ex-compagne. Durant leur vie de couple de plus de dix ans, il avait toujours clamé ne pas vouloir d’enfants ; la compagne en voulait mais s’était rangée à cette idée. Elle a trente-cinq ans lors de la rupture. Moins d’un an après, il est de nouveau en couple et a très vite un enfant. Il ne sait pas où se mettre en rencontrant cette ex âgée alors de trente-sept ans, célibataire et sans enfant.

Un psychologue répond à ce témoignage : c’est avec son ex qu’il ne souhaitait pas d’enfant. Il précise que son cas est assez courant. Le psychologue cite l’exemple de célébrités, en particulier une chanteuse en couple pendant des années avec un célèbre sportif clamant ne pas vouloir d’enfant.  La femme approche la quarantaine au moment de la séparation et n’aura pas d’enfant. Lui en aura assez rapidement . Pour appuyer son propos le psychologue cite le livre en question : Beyond childlessness de Rachel Black et Louise Scull.

Comment vit – on cela spirituellement ?

Ces arguments me rappellent une discussion avec des amies sur le mariage. Je me procure donc le livre dans une bibliothèque. Je ne trouve pas le passage en question. Ce qui est sûr, c’est que je ne m’attendais pas être renvoyée à un tel livre.  Le livre me surprend, m’interroge. Ce livre renferme les témoignages de femmes ayant voulu des enfants et n’ont pas pu pour diverses raisons allant de la ménopause précoce au conjoint stérile. Le livre invite surtout à dépasser la situation de vie sans enfant, je n’irai pas jusque-là dans ma lecture.

Je m’interroge : comment vit-on cela spirituellement ?  Même si je ne pense pas vraiment vouloir d’enfant, en lisant ces témoignages je me demande comment on survit à un tel vœu non exaucé. On peut bien se dire que c’est la volonté de Dieu, mais à quel moment cette acceptation intervient-elle ? Entre-temps il y a des prières, de l’espoir, beaucoup d’espoir. L’espoir de la femme, du partenaire si elle est en couple. L’espoir de la famille, des familles, reportées sur les couples et les femmes en particulier quel que soit leur statut marital.

Vouloir ou ne pas vouloir d’enfants n’entre pas en ligne de compte. Dans les communautés musulmanes on nous veut mariés et ensuite parents.

Dans un tel contexte sommes-nous prêts surtout prêtes à ne pas en avoir. L’islam tel qu’on nous le transmet parle de la mère comme la seule identité valable pour une femme. Des femmes s’imaginent que la profondeur et la valeur de leur foi est liée au statut de mère.

Les personnes sans enfants semblent ne pas exister.

J’ai commencé à me renseigner, à chercher. Au fil des recherches je me demande comment et à quel moment « être mère » devient une obligation religieuse. Quel impact sur les personnes sans enfant ?

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