FABRIQUE DE L’INFERTILITÉ SOCIALE DANS LES COMMUNAUTÉS MUSULMANES

« Les musulmanes ne peuvent pas se marier avec des non-musulmans ! » Cette idée largement diffusée et acceptée comme interprétation du verset 5 sourate 5 contribue surement et a contribué à l’infertilité sociale dans les communautés musulmanes.

Cette interprétation coûte cher sur le plan de la santé mentale à certaines musulmanes. Il existe pourtant un autre commentaire donnant le droit aux musulmanes comme aux musulmans d’épouser des non-musulmans. La démocratisation d’internet permet aujourd’hui d’accéder aux différentes interprétations et commentaires en vigueur sur le sujet.

En d’autres termes, des femmes se sont résignées alors que vraisemblablement les textes n’en demandaient rien.

Fabrique de l’infertilité sociale : une interdiction intégrée dès le plus jeune âge

 Dans une grande majorité de communautés musulmanes, l’interprétation du verset affirme interdire aux femmes de se marier à des non-musulmans contrairement aux hommes.

Une telle explication dans un pays à majorité musulman peut tenir la route et ne pas être remise en cause. Néanmoins, il devient problématique si l’on vit dans un pays à majorité non musulman.

Comme de nombreuses musulmanes, la supposée interdiction m’a été enseignée très jeune. Je l’ai intégrée très vite même si les raisons demeuraient obscures. Et avec le recul, je pense qu’elles l’étaient aussi pour les ardents défenseurs de cette interprétation.

 L’explication présentée comme irréfutable décrit la femme sans facultés intellectuelles, influençable, susceptible de renoncer à sa foi, aussi devait-elle épouser directement un homme de confession musulmane.

 Il était entendu qu’un homme musulman convolant avec une non-musulmane amènerait la femme à se convertir à l’islam.

En d’autres termes, il ne s’agissait que de prosélytisme déguisé. Des agissements et intention allant à l’encontre de la liberté de conscience pourtant admise dans le Coran.

Mariage interreligieux : solution à l’infertilité sociale

La solution de conversion est aussi vite intégrée que l’interdiction d’épouser un non-musulman. Shelina Zahra Janmohamed le décrit parfaitement avec humour dans son livre Love in a headscarf[1] : « à l’âge de treize ans, je savais que j’étais destiné à John Travolta. Un jour, il viendrait dans le nord de Londres, chez moi. Il tomberait follement amoureux de moi et me demanderait en mariage. Ensuite, il se convertirait à l’islam et deviendrait un pieux musulman. »

Pour de nombreuses musulmanes, des occasions se présentent, des prétendants proposent la conversion à l’islam. Seulement pour rendre la tâche impossible en plus d’expliquer aux jeunes filles qu’elles ne peuvent se marier avec un non-musulman à moins d’une conversion ; on leur envoie un message ambigu. Lequel ? Les hommes désirant se convertir pour épouser une musulmane manquent de sincérité : leur intention serait de les abuser et les quitter ensuite.

Des femmes préfèrent alors renoncer à un mariage avec un homme souhaitant se convertir et les épouser. Pendant ce temps des musulmans s’unissent à des non-musulmanes.

On peut y voir pour des femmes musulmanes des occasions manquées, peut-être, de devenir mère lorsqu’elles l’ont souhaité.

Incontestablement, une discussion s’impose sur l’accessibilité aux interprétations des versets du Coran et leur portée sur le long terme.

©crédit photo Jasmine Carter – Pexel


[1] Shelina Zahra Janmohamed, Love in a headscarf Muslim woman seeks the one, Aurum Press, 2009

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