AVEC OU SANS ENFANT- LE VERITABLE HERITAGE EN ISLAM.

L’intérêt et surtout la polémique autour des DINK (Double Income No Kids) que l’on peut traduire par double revenu sans enfant (par choix) font resurgir les préjugés sur les personnes sans enfant qu’elles soient par choix ou par circonstance. Les personnes sans enfant seraient égoïstes, mourront seules et ne disposent d’aucun successeur et d’aucun héritage à transmettre.

Les polémistes et diffuseurs de préjugés oublient qu’avoir des enfants ne garantit pas la mort entourée de ses proches, de ses enfants. De plus, les parents ne peuvent pas avoir la garantie que leurs enfants leur survivront.

C’est vrai que l’on nous enseigne dans les diverses communautés et sociétés que notre héritage est notre famille ; il faut construire sa propre famille pour transmettre ce que l’on a appris. La transmission, voici le sens que l’on donne au mot héritage. L’on pense à un arbre généalogique.

C’est d’ailleurs l’une des grandes préoccupations de certains hommes et certaines femmes sans enfant en particulier par circonstances. Cette préoccupation est d’autant plus grande et douloureuse lorsque l’on a été adopté et que l’on s’imaginait démarrer un arbre généalogique. En d’autres termes sans enfant un arbre généalogique peut s’arrêter. C’est un peu de soi qui disparait.

Dans un sens, la lignée d’une famille peut effectivement cesser, mais celle des êtres humains ne s’arrête pas de même que les actions que nous avons produites de notre vivant.

Héritage en islam

En islam, le Coran s’exprime assez clairement sur le sujet avec le verset 46 de la sourate 18 par exemple[1]. Le véritable héritage de chaque individu reste ses bonnes actions. En islam, le vrai héritage, la vraie transmission correspond à nos actions. C’est-à-dire que seules nos actes comptent dans le monde d’ici-bas tandis que les intentions, bonnes ou mauvaises importeront dans l’au-delà.

La bonne nouvelle c’est qu’il n’est pas obligatoire d’être parent pour bien agir.

Par conséquent, même sans enfant nos agissements affectent pour le meilleur (ou le pire) des adultes, sur le lieu de travail, rencontrés dans les transports en commun ou des enfants qu’ils soient ceux de notre fratrie, de nos amis ou des enfants croisés dans une salle d’attente.

Un sourire que nous adressons compte ; ce sourire peut égayer une journée et même sauver une vie. De la même manière, un commentaire désobligeant sur un réseau social peut pourrir momentanément des journées d’une personne qui le reçoit.

Le temps passé auprès des autres compte et a un impact. Notre façon de réagir à notre condition de personne sans enfant qu’elle soit par circonstance ou par choix entraine des répercussions sur les personnes qui nous entourent , elles peuvent pousser à la réflexion. Par exemple amener des parents à réfléchir à leur traitement futur ou présent de leurs progénitures sans enfant.

Des êtres humains, pas des anges

Cela étant dit, je ne veux pas dire que les hommes et les femmes sans enfant devraient lutter pour être parfaits et donner une image angélique.

Non ! Les hauts et les bas traversent la vie. C’est notre façon de gérer ces moments de la vie qui marquent le plus et constituent une mine d’enseignements pour les adultes et les enfants qui nous entourent.

Les personnes sans enfant dans mon entourage tout au long de ma vie ont sans aucun doute exercé une influence sur ma façon de mener ma vie aujourd’hui de femme sans enfant. Je me doute que certaines de ces personnes ont traversé de grandes épreuves d’autant plus maintenant que je connais davantage les réalités des parcours de FIV par exemple.

 Alors, quel véritable héritage avez-vous laissé dans votre monde aujourd’hui ?

© Crédit photo Pexels-Nick Fewings


[1] Le Coran rappelle de diverses manières dans de nombreux versets l’importance des bonnes actions.

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