J’ai décidé d’écrire cet article pour qu’il puisse être utile à des couples qui vivent ou s’apprête à vivre un traitement de fertilité. Je l’écris également afin que des membres de la famille, des amis comprennent les signes de cette épreuve et puissent ainsi apporter un soutien adapté. Je l’écris aussi pour que des imams hommes et femmes, qui accompagnent des fidèles qui traversent cette épreuve puissent avec des éléments concrets conseiller et soutenir au mieux.
Aisha Balesaria a enduré 11 cycles de FIV infructueux, plusieurs interruptions naturelles de grossesses (fausse couche), dont la perte de jumeaux dans des conditions intolérables. Cette Britannique sans enfant, qui accompagne aujourd’hui des couples dans leur reconstruction et à la redéfinition de leur plan de vie, a publié un article afin de répondre à une question qu’on lui pose souvent. À quel moment faut-il arrêter les traitements de fertilité ?
Est-ce qu’il faut interrompre le traitement ? Est aussi une question que des couples peuvent se poser.
Aisha estime que la réponse à la question de quand arrêter n’est pas si simple.
Certains couples se fixent une limite à ne pas franchir pour se préserver, comme un nombre restreint de transferts d’embryon ; seulement l’espoir conduit les couples à repousser les limites fixées.
Parfois, la limite est financière : dans les pays où les FIV ne sont pas prises en charge. Dans le cas d’Aisha, les finances de son couple leur ont permis d’essayer plusieurs années.
Après chaque échec, elle a pensé : « ça marchera la prochaine fois »
Après dix années éprouvantes de tentatives infructueuses avec autant de déchirements, de désespoirs, le couple arrête.
Une décision en concertation
Ce que Aisha Balesaria comprend c’est qu’une telle décision ne se prend pas seule.
Les centres de PMA et les professionnels de santé devraient offrir des conseils honnêtes et bienveillants. Le partenaire doit être pleinement inclus et participer activement à la prise de décision. L’entourage proche a également son rôle à jouer.
Aisha suggère aussi que des membres de confiance de la famille et des amis puissent soumettre leur point de vue parce que le couple qui vit la situation est confus avec des sentiments mêlés d’espoir, de peur et de fatigue.
Les 8 points à considérer avant l’arrêt d’un traitement de fertilité
- Les médecins commencent à indiquer la réduction de chances de succès
- Le poids émotionnel devient insupportable, la tristesse est votre compagnon
- Les relations de couple, familiales et amicales se détériorent
- Les limites financières sont atteintes
- Les propres limites du couple ont été franchies (nombre de transfert d’embryons à ne pas dépasser par exemple)
- Imaginer un autre futur devient récurrent, l’idée d’arrêter revient sans cesse
- Les motivations de la poursuite du traitement sont la peur du regret ou de décevoir le partenaire, la famille.
- Le médecin commence à indiquer d’autres options ou suggère l’arrêt du traitement (tous ne le font pas malheureusement).
« C’est une décision [l’arrêt des traitements] qui témoigne d’un immense courage quant à la manière dont vous souhaitez vivre le reste de votre vie. C’est une décision que vous prenez en fonction des informations dont vous disposez, de vos forces et de vos limites, et elles méritent de la compassion, de la bienveillance et des encouragements, et non des jugements.[1] » Aisha Balesaria
L’influence de la religion dans la prise de décision
Pour certains couples, la difficulté viendra de l’entourage qui souhaite qu’il persévère jusqu’à l’arrivée de l’enfant. C’est le moment où les histoires de bébés miracles peuvent réapparaitre dans les conversations.
Dès lors que, dans l’entourage du couple, prédomine la croyance selon laquelle le mariage n’aurait d’autre finalité que la conception d’enfants, certains proches peuvent rester sourds à l’idée d’un arrêt du traitement et ne pas percevoir les signes de fatigue ou de détresse du couple.
Les articles suivants offrent des réflexions à prendre en considération :
Renoncer à être mère est-ce un manque de foi ?
Être sans enfant après une fausse couche.
[1] Aisha Balesaria, Fertility Treatment: When Is It Time To Stop? theworstgirlgangeverfoundation.co.uk