Victime de sorcellerie quand on est sans enfant, c’est l’une des premières choses qui vient à l’esprit quand on vient de communautés ou la croyance en la sorcellerie est prégnante. La croyance en des envoûtements est très répandue dans le monde : tous les continents possèdent des traditions qui enseignent des protections contre la sorcellerie.
Des études sérieuses y sont consacrées. J’ai eu un jour la surprise, il y a plus de vingt ans, de découvrir dans les rayons de la Bibliothèque nationale de France (BNF) des étagères entières dédiées au sujet de la sorcellerie, du monde occulte, etc.
Je suis musulmane, et le monde invisible fait partie de ce à quoi nous, musulmans, devons croire. Mes parents sont originaires des iles de l’océan Indien, les sortilèges ne sont pas inconnus alors je sais que cela existe.
Dans de nombreuses communautés, lorsqu’un couple est marié depuis un peu plus d’un an personne ne s’imagine un planning familial mis en place par le couple, un problème d’infertilité ou le choix de ne pas avoir d’enfant.
Non, la première raison qui vient à l’esprit c’est la sorcellerie : le couple est automatiquement victime d’un envoûtement. Quand il s’agit de célibat longue durée, il s’explique par un envoûtement.
Une idée d’envoûtement qui rassure
Convaincu, commence alors le marathon pour l’obtention de remèdes traditionnels, spirituels pour accéder à ce désenvoûtement parce que c’est forcément un envoûtement. Rappelez-vous de nombreuses sociétés et communautés musulmanes croient que le seul et unique rôle d’une femme est d’enfanter, il ne peut en être autrement.
Par ailleurs, l’idée est séduisante et rassurante. Forcément, s’il y a envoûtement, il y a un remède. S’il y a remède cela suppose une fin heureuse : un enfant à l’arrivée pour les couples et un mariage suivi d’un enfant pour les célibataires.
L’inconvénient de s’accrocher à cette croyance
Certaines personnes n’avancent plus, car elles restent bloquées sur l’idée qu’une tierce personne les empêche d’avancer, de se marier et d’avoir des enfants. Leur obsession, entretenue par leur entourage, devient le désenvoûtement par tous les moyens.
L’adhésion exclusive à cette croyance et à ces remèdes peut retarder le recours à la consultation pour des problèmes d’infertilité, définie comme l’impossibilité d’aboutir à une grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés. Cela dissuade également des couples d’accepter la situation et, enfin, de faire un deuil.
L’acharnement, c’est-à-dire persister avec des traitements traditionnels, spirituels reste à l’opposé de ce que dit l’islam. Rien ne s’oppose à des traitements spirituels, des lectures coraniques pour enlever les mauvaises énergies, les blocages. Cependant, il est clairement indiqué dans les textes du Coran d’accepter aussi la volonté divine.
Rien ne nous atteindra, en dehors de ce que Dieu à prescrit pour nous. Il est notre protecteur. C’est en Dieu que les croyants doivent mettre leur confiance. Sourate 9 Verset 51
Comment lâcher prise avec ces croyances ?
C’est compliqué parce que personne ne nous enseigne dès notre plus jeune âge qu’il est possible que l’on reste sans enfant en dépit de notre souhait d’en concevoir.
L’on pourrait m’objecter que les enfants biologiques certes ne seront pas possibles, mais d’autres solutions existent comme l’adoption, être famille d’accueil, le parrainage et autres. Seulement, même avec ces possibilités et le désir d’y avoir recours certains n’y parviennent pas. D’autres n’ont tout simplement pas la possibilité ni le désir de poursuivre dans cette direction.
C’est pour cette raison qu’il est primordial de rappeler que tout le monde ne pourra pas avoir d’enfant et, le plus important, qu’une vie sans enfant heureuse est tout à fait possible.
Crédit Photo Canva
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