PARENTS OU NON-PARENTS : LE CORAN FAIT-IL UNE DISTINCTION ?

« Point de salut sans époux ou épouse » ou encore « damné soit celui ou celle qui n’aura point enfanté ». Quand on évolue dans des communautés musulmanes, on peut facilement penser que ces adages sont islamiques.

Or, il n’en est rien.

De même que le Coran ne s’adresse pas exclusivement au genre masculin, il ne s’adresse pas exclusivement aux parents.

Le Coran a été envoyé pour le genre humain

Le Coran est un guide[1].

Message que Nous t’avons révélé afin que par la permission de leur Seigneur tu conduises les Hommes à la Lumière vers la Voie du Tout-Puissant, le Digne de Louange (Coran 14 : 1)

Le Coran renferme aussi des récits censés inspirer les musulmanes et les musulmans avec des leçons à tirer[2].

Les invocations et les prières sans distinction de statut

Le Coran ne mentionne pas que les prières et les invocations d’un parent seraient plus valables et plus puissantes que celles d’une personne sans enfant. Le Coran n’attribue pas un statut ou un rang spécifique à celles et ceux qui auraient donné naissance à un enfant.

Vous imaginez-vous l’injustice ? Le Créateur dit dans le Coran qu’Il donne des enfants à qui Il veut[3] et l’on voudrait nous faire croire que nous serions récompensés en fonction de quelque chose sur laquelle nous n’avons aucun contrôle.

Quel Dieu serait-Il ?

Il est vrai qu’on peut trouver des ouvrages dans des librairies dédiées à l’islam, qui vendent l’idée que les prières les plus valables sont celles des personnes mariées ! Cela signifierait que les prières des épouses du Prophète après son décès avaient moins de valeurs. (Je trouve cela absurde aussi !)

Cela prête à sourire seulement, des musulmanes et des musulmans convaincus de la véracité des propos écrits par des personnes ayant étudié l’islam se torturent l’esprit lorsque le mariage tarde à se profiler. Ils s’imaginent avoir moins de valeurs auprès du Très-Haut en tant qu’individus célibataires.

Les prières sont pour tout le monde. Les invocations ne requièrent aucun statut marital et parental.

Aimer le Divin ne relève ni du fonctionnement de l’utérus ni de la qualité du sperme.

Dieu ne crée pas de hiérarchie entre êtres humains

Le verset 13 de la sourate 49 exprime bien la diversité des êtres humains voulue par le Divin ainsi que ce qui distingue un être humain d’un autre.

Le plus honorable auprès de Lui est « celui [qui est] empreint de crainte révérencielle ».

Ce sont la théologie, les analyses, la culture et les coutumes développées par les êtres humains musulmans qui ont créé un statut particulier pour les parents, et plus spécifiquement pour les mères .

Certes, le Coran reconnait la difficulté durant la mise au monde d’un enfant[4], mais cette reconnaissance ne hisse pas au rang d’être supérieur une femme qui donne naissance à un enfant. De tels arguments étaient sûrement utilisés pour enfermer la femme musulmane dans un rôle unique.

Aujourd’hui, on pourrait plutôt prendre cette reconnaissance comme un encouragement à prêter attention aux femmes après l’accouchement : les changements hormonaux et neurobiologiques, ainsi que l’épuisement, pour ne citer que ces effets, contribuent à rendre certaines femmes vulnérables à la dépression.

Le Coran formel : au jour du jugement, seuls les actes comptent

Le Coran insiste bien sur les actions des êtres humains en fonction des situations dans lesquelles chacun évolue et en fonction de ce qu’il lui a été donné.

Imaginez-vous un tournoi de football où l’on sanctionnerait les joueurs malvoyants, parce qu’ils sont malvoyants, ou où l’on pénaliserait un joueur de basket par ce qu’il ne joue pas en fauteuil roulant. En revanche, sanctionner un joueur pour avoir délibérément poussé un adversaire, quelle que soit sa condition physique, serait juste.

La musulmane, que je suis, s’inspire comme on nous le demande des messagers, des prophètes et des personnes pieuses citées dans le Coran. Je m’imprègne, comme de nombreux autres musulmans, des agissements que l’on attribue au Prophète, et à son entourage qui comprenait des personnes avec et sans enfant, à commencer par certaines de ses épouses et ses filles.

Le Coran s’adresse à tous sans distinction d’ethnie, de couleur de peau, de genre et l’on peut également ajouter de statut matrimonial et de statut parental.

© Crédit Photo Canva montage Discussions Essentielles


Oumm Koultoum : fille du Prophète sans enfant par circonstance

Des épouses du Prophètes : femmes sans enfant par circonstances

C’est le discours autour du célibat qui engendre la souffrance pas le célibat


[1] Coran 17 : 9

[2] Coran 12 : 111

[3] Coran 42 : 49-50

[4] Coran 31 : 14

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