SANS ENFANT : DU TEMPS POUR PRIER POUR LES AUTRES ?

« Puisque je n’ai pas d’enfant, je dois prier plus pour les autres ! » Une personne non musulmane sans enfant a partagé cette réflexion avec moi il y a quelques années. Cela m’a semblé une bonne idée, bien que personne ne nous l’impose. Elle arguait que les parents n’ont plus le temps de prendre un moment spirituel pour eux même, en particulier, durant les premières années de leurs enfants.

Dans mon entourage à cette époque, je rencontrais des mères exténuées et tristes de ne pouvoir consacrer suffisamment de moments spirituels après leurs prières ou pendant le mois de Ramadan comme elles l’auraient souhaité ou comme elles avaient eu l’habitude de le réaliser lorsqu’elles étaient sans enfant. D’après la réflexion de cette personne, les hommes et les femmes sans enfant disposent de suffisamment de temps pour intégrer davantage dans leurs prières ces parents qui n’exécutent que le strict minimum faute de temps pour eux.

Aujourd’hui, je me dis que cette réflexion est basée sur le préjugé selon lequel les femmes et les hommes sans enfant n’ont rien à faire. Toutes les personnes sans enfant bénéficieraient d’heures libres uniquement parce qu’elles n’auraient pas conçu d’enfant.

Seulement des hommes et des femmes sans enfant sur le papier sont dans la vie réelle des tuteurs de leurs parents âgés ou malades ; ensuite, certains sont tuteurs de leurs jeunes frères et sœurs, orphelins, d’autres sont les responsables de voisins dont la famille est très éloignée. Enfin, d’autres exercent des activités professionnelles ne leur laissant que peu de temps pour eux même.

Invoquer pour les autres

Avoir une pensée pour les autres dans nos prières devrait être naturel. Mais soyons réalistes, nos proches et nous-mêmes figurons en premiers sur la liste. En fonction du stade où nous nous trouvons dans nos vies, nous devenons les destinataires exclusifs de nos prières. Ainsi des couples en protocoles de FIV dirigent nécessairement toutes leurs invocations vers eux même et demandent à l’entourage dans la confidence de prier pour eux. Rien d’égoïste dedans.

Avec ou sans enfant, je pense qu’il arrive des stades dans nos existences où nous sommes plus enclins à solliciter le Divin davantage pour les autres. Par exemple, passés les moments éprouvants de nos vies où nous étions les seuls récipiendaires des invocations, nous prions plus facilement pour celles et ceux qui traversent également la situation dans laquelle nous étions.

À titre personnel, je garde une liste de catégories de personnes vers lesquelles je dirige quotidiennement mes prières, cela aide (souvent) en période difficile à prendre du recul avec sa propre situation.


© Crédit Photo-Unsplash- Mike Labrum

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